La culture monastique est au service de la vie spirituelle. Pour que l'adoration et la louange soient vraies, il convient de connaître les merveilles de Dieu, ses magnalia dans l'histoire comme dans le monde contemporain. L'Église n'est pas une réalité abstraite ; elle est un corps vivant dont le moine doit pouvoir suivre l'évolution, en faisant siennes ses grandes intentions de prière. Ce qui suppose une formation et une information continues.
Avant même de quitter le noviciat, le jeune moine commence le cycle des études philosophiques. Il les poursuivra dans le groupe des étudiants par les cours de théologie : théologie fondamentale, dogme, morale, sacrements, Écriture sainte, chacun de ces secteurs se subdivisant en traités. Il faut y ajouter des cours ou sessions sur l'histoire de l'Église, la patrologie, les autres religions, l'oecuménisme, les langues anciennes... L'ensemble de ces études dure environ six ans, l'ordination sacerdotale n'étant normalement conférée que lorsque ce cycle est complet. Ceux des Frères qui n'accèdent pas au sacerdoce peuvent, selon les besoins, utiliser un cours mineur plus sommaire.
Cet ensemble, assez complexe, est dirigé par un Préfet des études, tandis que le Père maître des étudiants veille plutôt à la formation monastique. Chaque cours est enseigné par un lecteur. Pour assurer la relève de ces lecteurs, tel jeune prêtre peut êre envoyé en université catholique pour une formation supérieure.
Après ses études, le moine va recevoir une ou plusieurs obédience, charges plus ou moins prenantes dont certaines (comme le lectorat) l'aident à se cultiver, mais dont d'autres, plus matérielles, peuvent limiter le temps laissé à l'étude. Mais un moine ne doit pas cesser d'approfondir le mystère de Dieu. Il fera toujours une part de choix à la lectio divina, terme technique qui désigne une lecture méditée de la Parole de Dieu, directement ou à travers les oeuvres des Pères de l'Église.
Un service important dans le monastère est donc celui de la bibliothèque, instrument de la culture. À Solesmes, la bibliothèque ne date que de la restauration de la vie monastique sous dom Guéranger. Elle contient plusieurs centaines de milliers de volumes et s'accroît par achats et par dons. On a commencé en l'an 2000 son informatisation. Le fonds des revues permet de se tenir au courant de l'actualité des sciences religieuses. D'autre part, la Règle prévoit une lecture pendant les repas. C'est l'occasion d'un apport culturel important. On pourrait mentionner aussi les études sur le chant grégorien, faites dans le cadre de l'atelier de paléographie musicale ; mais cette question sera présentée dans les pagesgrégorien.
Le passage à l'hôtellerie d'évêques ou de personnalités permet des échanges fructueux sur la vie des diocèses, les missions, le dialogue oecuménique ou les monastères étrangers, dans le cadre de réunions communautaires suivant un café fraternel. Des vidéos ou séquences télévisées peuvent être présentées à ceux qui le désirent. L'ouverture sur le monde est donc une réalité, même s'il demeure vrai que nous sommes en retrait du monde.