Le travail est une des composantes importantes de la Règle monastique. Nécessaire pour l'équilibre personnel comme pour celui du budget, il revêt bien des formes, plus ou moins intellectuelles ou manuelles selon les personnes et les nécessités. La tradition monastique privilégie le travail en équipes et l'expérience montre qu'il serait difficile de réaliser en solitaire un travail de quelque importance. Les relations de travail contribuent à fortifier l'unité de la communauté. Le silence, l'humilité, l'obéissance et la charité sont les conditions habituelles du travail qui, s'il est accompli selon la Règle, ne détourne pas de la présence habituelle de Dieu. On a pu dire qu'il existe une mystique du travail monastique ; elle favorise la beauté et le souci du fini de l'oeuvre, tout en préservant l'équilibre du travailleur.
Toute collectivité est insérée dans l'économie et la civilisation du lieu où elle est implantée. Elle en reçoit avantages et contraintes. Les monastères de l'an 1000 ressemblaient aux domaines seigneuriaux de leur contrée ; on y cultivait de vastes terrains, avec des élevages et même la pisciculture. Les monastères de l'an 2000 ne leur ressemblent que rarement sur ce point, car la variété des produits manufacturés, le développement de l'agroalimentaire et les modes de paiement modernes donnent aux échanges de leur économie une physionomie beaucoup plus ouverte sur le monde. La Règle, malgré son ancienneté, connaissait déjà l'utilité de tels échanges ; elle rappelle les conditions chrétiennes fondamentales de leur exercice. Le moine fait voeu de pauvreté et d'obéissance ; ces deux vertus interviennent constamment dans l'économie du monastère.
Le Père cellérier a la responsabilité de tout cet ensemble ; il se tient au courant des diverses activités, intellectuelles et matérielles, qui contribuent à ce que le monastère puisse vivre de son travail. La Règle de saint Benoît trace un portrait exigeant du cellérier. Il doit être comme un père pour la communauté, sans cependant rien entreprendre sans l'accord de son abbé. Il doit écouter, comprendre les besoins, mais aussi savoir refuser si nécessaire. Son obéissance et sa patience sont parfois mises à rude épreuve.
À Solesmes, le potager et le verger permettent de réduire certaines dépenses d'alimentation. Un rucher aide au rendement du verger.
Les services communautaires : buanderie, taillerie et réparation des vêtements, lingerie, cordonnerie, reliure, peinture, entretien du matériel et des bâtiments, chauffage, électricité, limitent les interventions des corps de métiers extérieurs. Il arrive souvent que tel frère ait des dons artistiques et que les conditions soient favorables à leur exercice. Nous avons eu deux architectes, des dessinateurs et des décorateurs travaillant en liaison avec des orfèvres ou des ateliers de tissage, un sculpteur sur bois auquel nous devons plusieurs statues.
Solesmes est surtout connu pour tout ce qui touche au chant grégorien : restauration des mélodies et recherches diverses de l'atelier de paléographie musicale ; édition de livres liturgiques pour toute l'Église ; création de nombreux disques, CD et cassettes. Les Éditions de Solesmes publient aussi d'autres travaux de la communauté sur la spiritualité et l'histoire religieuse. À l'accueil, une Librairie permet de les faire connaître. On peut aussi en consulter la liste sur le catalogue de ce site.